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Centre Pierre Cardinal

9 rue Jules VallĂšs

43000 Le Puy en Velay

Musiques et danses traditionnelles

Stage de danse 2018 - Intervenant Gilles Laupretre

Bulletin inscription 2018
110 ko
FLYER_VERSO_La_Meitat_2018_Paysage.pdf

FĂȘte de la Fiole Ă  Planchez (Morvan), annĂ©es 60, vielleux Henry Goguelat, Ă  gauche Joseph FlĂ©ty.

Les horaires

9h30 - 12h30 : Bourrées du Nivernais - tous niveaux

14h30 - 17h30 : Bourrées du Morvan _ tous niveaux

Gilles LauprĂȘtre : Danseur, musicien et formateur, passionnĂ© par l’histoire de la danse et par les danses des pays de bourrĂ©es, frĂ©quente les danseurs du Morvan depuis 30 ans et a effectuĂ© un travail de collectages en Nivernais.

Les tarifs

25€ la demi journĂ©e - entrĂ©e au bal du soir offerte

Le stage - Accompagné par les musiciens de Plot & Split

Le Morvan et ses bourrĂ©e vives et toniques, le Nivernais proposant des bourrĂ©es plus posĂ©es et chorĂ©graphiĂ©es, une journĂ©e dont la matinĂ©e sera consacrĂ©e aux rĂ©pertoires sauvegardĂ©s par les groupes et ceux dansĂ©s actuellement dans les bals en Nivernais. L’aprĂšs midi sera consacrĂ© aux bourrĂ©es collectĂ©es dans le Morvan.

Nivernais et Morvan sont deux rĂ©gions qui sont associĂ©es depuis fort longtemps et nous allons utiliser ce lien pour situer ce que nous connaissons de la bourrĂ©e au travers des diffĂ©rentes sources dont nous sommes les hĂ©ritiers, et nous intĂ©resser aux diffĂ©rents regards portĂ©s sur la bourrĂ©e par les groupes folkloriques, les revivalistes ou les danseurs collectĂ©s.

Le projet du stage est, au travers de ces diffĂ©rentes approches d’un rĂ©pertoire, de resituer les regards sur la bourrĂ©e, les relier Ă  la notion d’identitĂ© et aux idĂ©ologies projetĂ©es sur cette danse, tout en rĂ©alisant un travail de pas, d’énergies, d’écoute du partenaire et du groupe, de personnalisation de sa danse.

Pour en savoir plus

Bourrées du Nivernais- Morvan



Objectifs de l’atelier : au travers de diffĂ©rentes approches d’un rĂ©pertoire resituer les regards sur la bourrĂ©e, les relier Ă  la notion d’identitĂ© et aux idĂ©ologies projetĂ©es sur cette danse. Travail de pas, d’énergies, d’écoute du partenaire et du groupe. Personnalisation de sa danse.

Ne soyez pas Ă©tonnĂ© de voir ces deux rĂ©gions, Nivernais-Morvan, rĂ©unies, c’est une ancienne habitude que nous allons utiliser pour situer ce que nous connaissons de la bourrĂ©e au travers des diffĂ©rentes sources dont nous sommes les hĂ©ritiers. Nous allons nous intĂ©resser aux diffĂ©rents regards portĂ©s sur la tradition de la bourrĂ©e au travers du rĂ©pertoire du Nivernais-Morvan : les groupes folkloriques, les revivalistes, les danseurs collectĂ©s. Danser ces diffĂ©rentes formes ce sera approcher ce que chacun de ces groupes recherchent dans la bourrĂ©e.

Notre grand ancĂȘtre, Achille Millien (1838-1927), fut l’un des plus grands collecteurs des chants et contes de ces deux rĂ©gions ; cependant il nous donne peu d’indications sur la maniĂšre de danser.

Nous possĂ©dons d’autres tĂ©moignages de folkloristes du XIX, mais qui ne permettent cependant pas de reconstitutions. Voici celui Ă©difiant de Bogros dans A travers le Morvan 1873 :« Le Morvandeau et surtout la Morvandelle aiment la danse avec passion ; l’aire d’une grange, au besoin le sol poudroyant, et seulement, les jours de noces ou de fĂȘtes patronales, un paquet grossiĂšrement ajustĂ©, sont le thĂ©Ăątre ordinaire de leurs Ă©bats chorĂ©graphiques (
) nous avions grand plaisir autrefois Ă  suivre du regard les monotones Ă©volutions du branle national. Ces lourdes bayadĂšres aux yeux baissĂ©s, Ă  l’air rĂ©servĂ© et dĂ©cent, se trĂ©moussant avec une sorte de gravitĂ© et sans mĂȘme dĂ©ranger les plis rigides de leurs jupons bariolĂ©s, auraient pu sembler alors une tradition vivante de l’origine sacrĂ©e de la danse, qui, chez les peuples anciens, ne rappelait que des idĂ©es d’ordre et d’harmonie. Mais autre temps, autres danses ; et sur ce point le progrĂšs est tellement sensible, que si l’avenir tient les promesses du prĂ©sent, nos neveux en verront de belles. Quelques Vestris du cru ont naguĂšre rapportĂ© des villes, en mĂȘme temps que cet abominable jargon qui vise au français acadĂ©mique, une espĂšce de bamboula qui aspire à
 autre chose. StimulĂ© par l’admiration naĂŻve de sa danseuse, le cavalier seul, « retour de Paris Â», s’abandonne Ă  une pyrrhique des plus exubĂ©rantes, et pousse des cris de Peau-Rouge qui va dĂ©vorer un prisonnier de guerre. Hier encore, le pudibond garde-champĂȘtre, suivait ces Ă©volutions insolites d’un regard oĂč l’indignation se mĂȘlait Ă  une stupĂ©faction profonde ; maintenant, rien ne l’étonne plus, pas mĂȘme l’abjuration du flĂ»teur, ce barde dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, qui sacrifie sans vergogne aux autels de Musard. Quelques annĂ©es encore, et cette danse du scalp aura dĂ©trĂŽnĂ©e Ă  jamais le culte de branle et de la bourrĂ©e carrĂ©e, et les Chicards indigĂšnes, aux airs de Â« l’OEil crevĂ© Â», exĂ©cuteront le pas de la « Tulipe orageuse Â», dans un cercle de spectateurs idolĂątres ! Mais qu’y faire ? C’est une rĂ©volution de plus et il faut la subir, comme tant d’autres, tout en la dĂ©plorant ! Â» ; A propos de cornemuseux :« aujourd’hui, c’est un « muzettiste-compositeur Â» qui assimile avec une facilitĂ© singuliĂšre les airs consacrĂ©s par le succĂšs, les brodes de fioritures de son invention, transforme avec aplomb la Lisette de BĂ©ranger en marche nuptiale, et serait homme Ă  faire une polka de De profundis. Â» (Nous reviendrons largement sur tout ce que nous dit ce texte)

Nous devons surtout beaucoup de notre rĂ©pertoire de danses aux groupes folkloriques qui recueillerons danses et musiques au court du XXĂšme siĂšcles. Les premiers sont les groupes parisiens d’originaires du Morvan et de la NiĂšvre qui crĂ©ent les groupes folkloriques « la morvandelle Â» et « Nivernais-Morvan Â» en 1926. En Province : Les « enfants du Morvan Â» Ă  Dijon en 1946 ; 1952 « les gavachers du Morvan Â», 1958 « les Morvandiaux d’Autun Â», 1964 « Chez nous en Nivernais Â», 1966 « la gigue dornoise Â» 


Le Mouvement revivaliste des annĂ©es 70 va relancer le travail de collectage principalement en Morvan avec des associations comme Â« Lai PoĂ©lĂše Â» et les collecteurs RaphaĂ«l Thiery et RĂ©my Guillaumeau. Ils renouveleront le regard que nous avons sur la bourrĂ©e. (http://mpo-bourgogne.org/)

La multiplication des ateliers de danses, des festivals et des bals va donner un nouvel essor Ă  la bourrĂ©e et un renouvellement de l’utilisation de la bourrĂ©e adaptĂ©e aux attentes de ces publics de danseurs.